Jean Michel Basquiat

Pour les petits veinards qui habitent  la capital, ce sera l’occasion cet hiver de découvrir une retrospective inédite de l’artiste américain.

Cette facsinante exposition consacrée à Jean Michel Basquiat au Musée d’Art Moderne, met à jour une centaine de ses oeuvres les plus marquantes. Et c’est à l’occasion du cinquantième anniversaire de la naissance de cet embassadeur du milieu underground (qui fit connaître le graffiti aux Etats Unis dans les 70’s), que la ville de Paris s’est acaparée ses toiles. Tout comme Warhol dont il était proche, Basquiat s’est inspiré de son environnement  pour projeter sa propre vision intimiste de la société américaine. La ségrégation et les discriminations seront l’objet de sa quête artistique, entremêlant mythologie vaudou et fougue biblique afin d’exalter sa colère et son énergie. S’inpirant du milieu urbain où il commence ses premiers graffs signé au nom de SAMO (pour Shame Old Shit) en 1977, Basquiat fait alors découvrir au monde une contre-culture euphorisante bourré de couleurs, de vitalité et d’anarchie. ( Ci-dessous: Self-Portrait et Mona Lisa, Basquiat)

Les racines de ses pratiques artistiques se trouveront du côté de « l’expressionisme primitif » européen d’après guerre. Des peintres tels que Jean Dubuffet, grand refractaire à « l’asphyxiante culture » prônent cette même ambivalence de formes, et de populisme naif. (Ci-contre: Mire G97, Kowloon, 1983)

En 1982, Basquiat est invité à la Documenta 7 de Kassel en Allemagne, et l’année suivante il sera promut le plus jeune artiste à exposer au Biennale du Witney Museum of American Art, à N-Y. Talentueux, son ascension effrénée le menera au côté de Warhol avec qu’ il s’associera jusqu’a la mort de ce dernier en 1987. La sienne fut tout aussi prématurée et inattendue, il décédera l’année suivante, d’une intoxication aigue due à un mélange de drogues.

Cette soudaine notoriété, ce star-système naissant et cette cadence de vie explosive et déchainée laisse derrière cet artiste une oeuvre remarquable. L’empreinte d’une destinée qu’il voulait « brûler par les deux bouts » disait-il et l’angoisse permanente d’une mort imprévisible ont fait de ses toiles un art brut et transcendant, reflet d’une âme que la vie a dérouté…

A Voir : « Basquiat », un film  de Julian Schnabel, avec David Bowie, Mickael Madsen, 1995.

A Lire: « Le dernier jour de Jean-Michel Basquiat » d’Anaid Denim, édition Anabet.

Sophie Queval

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